Dimanche 24 octobre 2010 7 24 /10 /Oct /2010 08:24

 

J'ouvre au hasard un des livres qu'Elle m'a tendu hier, avec un peu de retard, pour mes 4# ans. C'est un roman et ce n'est pas un roman. On est sur une frontière, pile poil. Entre roman et poésie. Enfin, ceci est ma première impression, puisque je n'en ai encore rien lu d'autre :

 

"Je suis venue te dire que j'existe encore. Qu'il y a des arbres. Et la lumière. Sommes-nous en avril, que montent de la terre, lourdement, des odeurs ? Dans le ciel, que je vois, tête renversée, je me lave le visage. Lumière, j'enfonce ma tête dans votre ciel. Je vous aime, je vous aime. Au travers de mes paupières, la prière est dite : je vous aime.

Mes pas ont fait voler dans le soleil la tendre poussière. Toi, tu y es retourné. Je meurs d'être en vie. Je meurs du miracle de recevoir la lumière. D'être reçue par elle. J'existe. J'existe à cause de la couleur des cieux. Dans le soleil couchant des oiseaux crient et tournent en se rapprochant de moi. Mon Dieu, j'entends vos mouettes d'autrefois. Il est tard. On vient fermer les grilles du cimetière."

 

 

Je disais donc... ma Tite Jimmie m'a offert 3 livres, piochés dans ma liste, ma LAL, pour les initiés. Elle a choisi tout juste les trois que j'étais le plus impaciente de découvrir

"L'or des chambres" (de Françoise Lefèvre et dont sont issues les lignes ci-dessus),

"La grosse" (encore Françoise Lefévre)

"Une petite robe de fête" (de Christian Bobin).

J'ai comme une impression étrange que sont réunis là des êtres qui comptent dans ma petite vie... ma fille (ben oui), Christian Bobin que je connaissais pour l'avoir déjà lu, Françoise Lefèvre, et deux bloggeuses inspiratrices de mes lectures qui se reconnaitront certainement si elles passent par là :)

Dernière étrangeté, voilà que Françoise Lefèvre dédicace "la grosse" à Christian Bobin !

 

C'était ma participation aux dimanches poétiques, sur une idée de

Celsmoon reprise par Bookworm.

 

 

 

 

Par cagire - Publié dans : les dimanches poétiques
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Il n'aurait fallu
Qu'un moment de plus
Pour que la mort vienne
Mais une main nue
Alors est venue
Qui a pris la mienne

Qui donc a rendu
Leurs couleurs perdues
Aux jours aux semaines
Sa réalité
A l'immense été
Des choses humaines

Moi qui frémissait
Toujours je ne sais
De quelle colère
Deux bras ont suffit
Pour faire à ma vie
Un grand collier d'air

Rien qu'un mouvement
Ce geste en dormant
Léger qui me frôle
Un souffle posé
Moins Une rosée
Contre mon épaule

Un front qui s'appuie
A moi dans la nuit
Deux grands yeux ouverts
Et tout m'a semblé
Comme un champ de blé
Dans cet univers

Un tendre jardin
Dans l'herbe où soudain
La verveine pousse
Et mon coeur défunt
Renait au parfum
Qui fait l'ombre douce.

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