Samedi 7 novembre 2009
 

Je n'avais jamais parlé de mon petit compagnon, avant qu'Enriqueta ne me le suggère...


Je disais,
De chat, moi, je n'en veux pas.
Un chat, c'est ingrat, ça ne vous connait pas.
C'est cruel, c'est sans coeur,
Un chasseur, un joueur,
Ca ne s'attache pas.

Puis,

Vinrent ces jours où je voyais,
Accroupie dans le fossé
Qui longe la maison,
Ma 'tite Jimmie
Qu'avait alors 7 ans,
Des croquettes fauchées en douce aux chiens
Pleins les mains,
Pour Toi
Oui,
Pour Toi,  jeune chat venu de je ne sais où,
Mais qui demeurait là
Perdu,
Réfugié là, 
Abandonné
Moi, je vous regardais, je ne disais rien
Ne voulant rien briser,
Je murmurais juste, intérieurement, "demain il partira,
Et toi, enfant, tu pleureras" 

Puis

Vint encore ce jour
Le jour du fabuleux destin
Oui, celui d'Amélie Poulain
Que nous allâmes voir au ciné,
l'Homme et moi.

Vint ce soir-là de
Grand déluge,
Orage d'été
Essuies glaces vitesse grand V
Et puis, à l'arrivée
Toujours Toi,
Le même chaton
Trempé
Dans son fossé.
Et là
Nous nous sommes regardés
L'Homme et moi,
Fallait quand même lui donner un toit
Après un film si tendre...


Neuf ans après, t'es toujours là
Bon gros matou
Tout blanc tout roux
Présence feutrée et ronronnante
A ta distance à toi toute de chat,
Je lève les yeux,
Je te vois là
Si beau
Si souple
Si apaisant...






Mais... Comment penser "chat" sans penser Baudelaire ? C'est tellement beau, à lire et à relire...


Les amoureux fervent et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires

Amis de la science et de la volupté,
Ils cherchent le silence et l'horreur des ténèbres ;
L'Erèbe les eût pris pour ses courriers funèbres
S'ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin ;

Leurs reins féconds sont pleins d'étincelles magiques,
Et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin,
Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.






Par Cagire - Publié dans : les mots de Cagire
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